| La
peinture, cest énorme.
Comme toute création.
Cest une gigantesque montagne dinconnue.
« A chaque fois que jentreprends une nouvelle toile, je voudrais
tout y mettre :
lignes, tâches, couleurs et aplats semparent spontanément
de tout lespace.
Milles chemins souvrent alors ! »
Jai envie daller plus loin, de maccrocher à ces
formes infiniment transformables, à cette lumière naissante,
avec ses nuits et ses jours entremêlés comme dans la mémoire.
Parfois des êtres apparaissent, hommes, femmes ou animaux ; ils
se choisissent un endroit dans la toile. Je leur fais une place, fais
pousser de lherbe sur un aplat ocré, ou, ricocher la lumière
sur tel autre et, peu à peu, lespace autour deux et
à travers eux sarticule, se définit, laissant flotter
quelques résidus du hasard, quelques alvéoles dincohérence
; juste de quoi ne pas oublier le mystère quil y a derrière
toute chose. »
Ma
démarche actuelle découle de 15 années de confrontation
quotidienne aux interrogations (et jubilations) que suscite lacte
de créer et de peindre.
Linspiration, lémotion, la lumière, les plans,
les lignes, le sens de lecture, les rythmes, le rapport des couleurs entre
elles, leur vibration, leur matière, le regard, limpact de
la toile achevée et son aptitude à ne pas tout dévoiler
au premier regard
tout cela constitue la richesse et la complexité
de la peinture.
Lorsque je commence un tableau, je pars à laventure, je plonge
dans un nouvel espace sans connaître la destination. Javance
à lintuition, construisant et défaisant
À
tâtons, jenferme ou ré-ouvre des espaces selon quils
métouffent ou mattirent. Puis, peu à peu, à
coups de lignes, deffacements et de superpositions, souvre
le rideau sur le nouveau monde, dont jessaye de définir le
cur, les signes et laccès. Et cest à ce
moment-là, que tout bascule et que la toile naît.
Dans ma peinture narrative je suis attirée par des éléments
bruts et sauvages tels que la mer, le ciel, les montagnes, la lune ou
les îles ; réajustés à notre perception humaine.
Le filtre affectif et sensitif à travers lequel je les perçois
en font les refuges de mes aspirations. Jaime les disproportions
quils suscitent et les déloger de leur contexte. Cest
ainsi que naissent ces visions de réalités renversées
présentes dans mes uvres. |
| L'artiste
Ansatu
est arrivée en Provence en 1965, à l'âge de 1 an.
Des études d'Art Graphique à Paris avant de s'installer
définitivement à Vaison-la-Romaine.
Les
voyages, une véritable passion inspiratrice de sa peinture :
En 1994 elle part seule, pour un périple de 16 mois en Polynésie
au cour duquel elle vend ses peintures et esquisses afin de continuer
son voyage,
Elle récidive en 1987, à bicyclette cette fois, de Turquie
au Soudan,
En 1999, à pied dans l'Atlas marocain,
Durant l'hiver 2001, au Zanscar, à pied sur le fleuve gelé.
Ces
voyages lui ont donné le goût de l'interprétation
graphique des lieux et des atmosphères rencontrés.
Elle en ramène des carnets remplis de croquis, de paysages et de
portraits.
En
1990, elle expose pour la première fois à la Galerie Chema
à Vaison-la-Romaine, et ouvre un atelier exposition dans la cité
Médiévale.
"
Je ne pouvais qu'être artiste. La peinture m'aide à concilier
mes émotions et ma vie réelle. " |